Nº 8 2010 > News

De nouveaux câbles sous-marins pour l'Afrique

La connectivité de l'Afrique par les câbles sous-marins en hausse

De nouveaux câbles sous-marins pour l'Afrique

2010 est une année particulière pour l'Afrique. C'est au cours de cette année qu'un nombre sans précédent de câbles sous-marins ont été mis sous tension pour la première fois. Le câble EASSy, attendu depuis longtemps, a été mis sous tension le 16 juillet 2010; le Main One a été lancé quelques semaines plus tard. Au cours du troisième trimestre 2010 on devrait assister au lancement de Glo One; au cours du quatrième trimestre, ce sera le tour du Lower Indian Ocean Network (LION) au large des côtes d'Afrique de l'est alors que le West African Cable System (WACS) devrait être lancé soit cette année soit en 2011, en fonction de l'avancement des travaux de déploiement (Tableau 1).

L'Afrique sub-saharienne compte aujourd'hui pour 0,2% de la bande passante internationale totale, pourcentage qui est resté stable depuis au moins 2004. L'augmentation de la connectivité grâce aux câbles sous-marins va changer la donne puisque l'on prévoit pour la mi-2012 une capacité totale de 15,7 Terabits par seconde. L'explosion imminente de la capacité câblée annonce une nouvelle ère de la connectivité pour le continent africain, avec une plus grande bande passante internationale et un accès plus rapide à l'Internet, une connectivité plus fiable, l'accès à de nouveaux services et à des services de pointe et, en puissance, une diminution des prix des services de communications.

Les investissements consentis dans les réseaux câblés signifient beaucoup plus que le simple ajout de bande passante; ils témoignent de la confiance renouvelée et de l'optimisme en ce qui concerne l'avenir numérique de l'Afrique. Des consortiums d'investissement complexes ont été mis en place pour financer le déploiement de ces câbles sous-marins. Ces investissements sont lourds et, dans le long terme, les perspectives d'une forte croissance sont très prometteuses.

Les parts régionales de la bande passante internationale sont demeurées relativement stables depuis au moins 2004. Aujourd'hui l'Europe et les Amériques se taillent encore la part du lion en occupant environ 87% de la bande passante Internet internationale totale (Tableau 2). Si l'on utilise la mesure de la bande passante internationale par utilisateur d'Internet, un internaute vivant dans les Amériques avait accès à près de dix fois plus de volume de bande passante internationale qu'un utilisateur d'Internet en Afrique, alors qu'un internaute vivant en Europe avait accès à près de quarante fois plus de volume de bande passante qu'un utilisateur Africain.

En Afrique, la bande passante internationale totale (82,3%) connaît l'un des taux de croissance annuels les plus rapides du monde. En Europe, de 2005 à 2009, le taux de croissance de l'occupation de la bande passante internationale totale par utilisateur d'Internet (46,3%) est resté pratiquement identique à celui de l'Afrique (52,1%), même si l'Europe profite de niveaux absolus de bande passante nettement supérieurs. La capacité ajoutée à la bande passante Internet internationale qui doit entrer en service avec les systèmes de câbles sous-marins pourrait nettement augmenter la part régionale de la bande passante Internet internationale occupée par l'Afrique.

Cette explosion de la connectivité internationale en Afrique est un coup de fouet pour les investissements dans les dorsales nationales et dans la connectivité locale. Les investissements dans la connectivité internationale doivent correspondre aux investissements dans les infrastructures dorsales nationales. Sur les 49 pays de l'Afrique sub-saharienne, 32 ont aujourd'hui leur capitale connectée à des réseaux internationaux à fibre optique et bon nombre de ces pays ont soit réalisé une dorsale pour connecter leurs grandes villes ou envisagent de le faire d'ici à 2012. L'UIT continue à superviser la connectivité de l'Afrique en se référant aux objectifs fixés lors du Sommet Connecter l'Afrique qui s'est tenu à Kigali (Rwanda) en octobre 2007. A ce jour, les évaluations font apparaître des progrès tangibles dans l'expansion des dorsales nationales.

L'atterrissement de nouveaux câbles sous-marins n'entraine pas automatiquement une baisse des prix. L'expérience laisse à penser que les pays dans lesquels se trouvent des monopoles historiques ou qui ne possèdent qu'une seule station d'atterrissement internationale sont moins susceptibles de profiter de réductions de prix compétitives pour la bande passante internationale que les pays qui possèdent deux ou trois stations et qui sont contrôlés par des organisations concurrentielles.

Par exemple, après la connexion de l'Angola au service SAT-3/WASC en 2002, Angola Telecom a réduit deux fois le coût de la bande passante de gros sur les parcours à fibre optique, une première fois de 20% (environ 20 000 USD par Mbit/s par mois en duplex avec le Portugal, à environ 16 000 USD) en juin 2005, puis une nouvelle réduction de 10% (environ 14 000 USD) en octobre 2006. Au Ghana, le raccordement au câble SAT-3/WASC a permis de diminuer quelque peu le coût de la connectivité internationale bien que les prix soient restés relativement élevés

Au contraire, le raccordement du Kenya aux câbles TEAMS et SEACOM en 2009 a été accompagné d'une chute des prix qui sont passés d'environ 1 900 USD par Mbit/s par mois en 2009 à environ 600 USD par Mbit/s par mois; une nouvelle baisse des prix est attendue. Au Cameroun, le rapport de l'Association pour des communications progressives (APC) sur une infrastructure de communications à accès ouvert indique que le câble SAT-WASC a eu un certain nombre d'effets positifs sur la concurrence dans le secteur des télécommunications dans son ensemble et a contribué à une baisse des prix et à stimuler l'introduction de nouveaux produits et services.

Une baisse des prix est suivie assez rapidement d'une croissance correspondante de la demande. Par exemple, la demande en connectivité pour les télécommunications internationales et les données devrait se développer d'un facteur de dix au cours des cinq prochaines années au Kenya d'après la Commission des communications du Kenya. Si une plus grande connectivité internationale est liée à une réduction des prix des services de communications, une grande partie de l'Afrique devrait alors connaître une expansion similaire de la demande.

Le développement de la société de l'information en Afrique et ailleurs ne consiste pas simplement à installer une bande passante plus large et à améliorer la connectivité internationale. Pour que les habitants d'un continent récoltent les fruits d'une augmentation de la connectivité internationale, il est essentiel que l'installation d'une plus grande capacité s'accompagne de mesures politiques visant à mettre en place et à accompagner un environnement validant afin que les bénéfices puissent être pleinement réalisés. Alors, nous verrons l'aube d'une ère nouvelle dans une société de l'information réellement mondiale avec l'accès à Internet pour tous.



 

Attribuer des fréquences pour un monde qui change

Conférence mondiale des radiocommunications de 2015

Dans ce numéro
No.5 Septembre | Octobre 2015

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