Nº 10 2012 > Les femmes et les jeunes filles dans le secteur des TIC

Les femmes surfent sur la vague des TIC en Asie-Pacifique et au-delà

Geena Davis, envoyée spéciale de l'’UIT pour les femmes et les jeunes filles dans les TIC, prononçant son discours liminaire lors de la session d’'ouvLes femmes surfent sur la vague des TIC en Asie-Pacifique et au-delàPremier jour du colloqueLes femmes surfent sur la vague des TIC en Asie-Pacifique et au-delàLes femmes surfent sur la vague des TIC en Asie-Pacifique et au-delà
Geena Davis, envoyée spéciale de l'’UIT pour les femmes et les jeunes filles dans les TIC, prononçant son discours liminaire lors de la session d’'ouverture du colloque «Women with the Wave: High-Level Forum on Digital Inclusion of Women and Girls in ICT»
Premier jour du colloque

Une vague numérique déferle sur la planète. Les femmes la prennent-elles à l’assaut ou restent-elles sur la rive à observer ce qui se passe? Comment les femmes peuvent-elles surfer sur cette vague numérique et participer plus équitablement à la société du savoir du 21e siècle? Quels sont les obstacles privant les femmes des bienfaits des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC)? Et les TIC sont-elles une force de libération pour l’image de la femme dans les médias? Voilà certaines des questions essentielles soulevées et examinées par plus de 150 délégués venus de 35 pays pour participer au colloque «Women with the Wave: High-Level Forum on Digital Inclusion of Women and Girls», tenu les 10 et 11 octobre 2012 à Séoul (République de Corée). Ce forum a été organisé par l’UIT, l’Asia-Pacific Broadcasting Union (ABU) et le Korean Broadcasting System (KBS), avec l’appui de plusieurs partenaires, dont l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le Ministère coréen de la famille et de l’égalité des sexes, la Commission coréenne des communications et le Ministère australien du large bande, des communications et de l’économie numérique.

Les TIC et les médias ont un fort impact sur la quasi totalité des aspects de la vie. Leur magie abolit les obstacles que sont le temps et la distance. Dans des conditions favorables, ces technologies permettent d’accroître la productivité, de favoriser la croissance socio-économique, de créer des emplois et d’améliorer la qualité de vie de tout le monde, y compris des personnes handicapées — et ce indépendamment du sexe, de la race ou de l’âge.

Malheureusement, les bienfaits de la révolution des TIC et des médias restent inégalement répartis entre pays développés et pays en développement, mais aussi au sein des diverses sociétés. Les femmes et les jeunes filles notamment sont défavorisées sur le plan de l’accès et de la participation. En effet, elles sont souvent «sous-représentées, voire mal représentées sur ou hors écran et dans toutes les plates-formes, d’où des conséquences délétères sur bien des plans: estime de soi, identité sexuelle, acceptation sociale, pression des proches, stéréotypes sexuels susceptibles d’empêcher les femmes d’assumer des rôles de responsabilité, de réussir ou de choisir certaines carrières», pense Deborah Taylor-Tate, envoyée spéciale de l’UIT pour la protection des enfants en ligne et co-présidente de la Healthy Media Commission.

«C’est maintenant qu’il faut introduire des changements, et chacun d’entre vous ici est un véritable agent du changement», a insisté Geena Davis, actrice récompensée d’un Oscar et envoyée spéciale de l’UIT pour les femmes et les jeunes filles dans les TIC, dans son allocution principale. «Je tiens à féliciter les radiodiffuseurs, les cinéastes, les acteurs de l’Internet, les universitaires et d’autres dans le monde asiatique qui ont été les premiers à modifier l’image des femmes et des filles dans les TIC. Depuis les séries télévisées coréennes jusqu’aux comédies musicales Bollywood, il nous faut des personnages capables d’inspirer les professionnelles de demain accros de la technologie».

Plaidoyer en faveur du message: images, autonomisation, réussites

Plusieurs films et documentaires réalisés un peu partout dans le monde décrivent la lutte des femmes en faveur de l’égalité et des droits fondamentaux de la personne humaine. Ces œuvres décrivent efficacement la manière dont tant de femmes et de filles extraordinaires sont déjà en train de changer le monde. L’œuvre d’artistes exploitant la vague numérique a également été exposée, laissant parler les images — qu’il s’agisse de programmes de télévision, de documentaires ou de longs métrages. Dans le monde entier, des organisations tentent d’améliorer la vie des femmes en affichant des contenus ayant un impact au plan mondial.

Dans le cadre du Forum, des intervenantes très en vue en République de Corée et dans d’autres pays ont décrit leurs luttes, leur persévérance mais aussi les triomphes leur ayant permis de réussir dans les secteurs des TIC et des médias et d’être reconnues.

L’UIT renforce l’autonomie des femmes grâce à des carrières dans les TIC

De nombreuses entreprises et organisations cherchent à recruter des femmes ayant des compétences techniques. Dans le cadre des efforts déployés pour accroître le nombre de femmes dans les métiers des TIC, l’UIT fait porter son action sur trois axes principaux: accroître le nombre de femmes et de filles souhaitant faire carrière dans les TIC; accroître le nombre de filles et de femmes optant pour des études en sciences, en technologie, en ingénierie ou en mathématiques; encourager les entreprises de TIC, dans un souci de pérennité, à recruter, à garder et à promouvoir les femmes.

Cette stratégie prend appui sur la Journée internationale des jeunes filles dans les TIC. Lors de sa Conférence plénipotentiaire de 2010, l’UIT a approuvé la célébration annuelle de la «Journée des jeunes filles dans les TIC», le quatrième jeudi de chaque mois d’avril. En 2012, près de 90 pays ont organisé des manifestations autour de cette Journée, permettant à plus de 30 000 jeunes filles de prendre leur destin en main.

Pour commémorer la Journée des jeunes filles dans les TIC, le 25 avril 2013, les pouvoirs publics, les entreprises privées, les organismes des Nations Unies et les organisations non gouvernementales sont priés d’inviter les jeunes filles et les étudiantes à passer la journée dans leurs locaux, ou d’organiser des programmes d’observation auprès de mentors féminins, dans le but de mieux faire comprendre toutes les possibilités qu’offre le secteur des TIC et de semer l’idée qu’une carrière dans les TIC est une bonne chose pour les femmes et les jeunes filles, pour les entreprises et pour les sociétés.

Un récent rapport de l’UIT «A bright future in ICT — opportunities for a new generation of women» (Un avenir brillant dans le secteur des TIC — des possibilités à saisir pour une nouvelle génération de femmes) adresse un message important aux décideurs, aux chefs d’entreprise, aux étudiants et aux jeunes professionnels, leur faisant comprendre à quel point, dans le contexte de l’évolution actuelle, la génération à venir de professionnels des TIC pourra mettre à profit les innombrables chances qui appellent un esprit innovateur et entreprenant. Les filles et les femmes peuvent et doivent être encouragées à faire des études d’ingénieur ou d’informatique et à prendre un rôle actif dans le secteur des TIC.

La campagne menée par l’UIT «La technologie a besoin des filles», prévoyant notamment la remise du prix «La technologie a besoin des filles», cible les filles âgées de 9 à 19 ans. C’est en effet à cet âge que les filles forgent leurs idées et font des choix de carrière. «La campagne et le prix, ensemble, cherchent à aider les filles à intégrer la technologie dans leur vie quotidienne, à croire en leurs compétences, mais aussi à s’amuser avec les TIC», a dit Hamadoun I. Touré, Secrétaire général de l’UIT. Une stratégie de partenariat constitue la base de la campagne, incitant des acteurs distincts à se regrouper et à amplifier le message.

Le talent, assorti de l’ensemble de compétences requises, continuera de déterminer le dynamisme et la diversification des TIC et du secteur des médias. La réserve de talents devra être complétée par le renforcement du capital humain sur une base non discriminatoire — essentiellement dans les universités, les centres de recherche et de développement et les écoles commerciales et techniques — pour répondre à l’industrie des TIC, en pleine évolution. «Le recrutement de femmes en plus grand nombre à tous les niveaux des médias et des nouvelles technologies relève de la simple justice mais constitue aussi une mesure sensée sur le plan économique», a fait valoir Javad Mottaghi, Secrétaire général de l’ABU.

Il convient de regrouper les actions susceptibles de faire en sorte qu’un plus grand nombre de jeunes filles et de femmes puissent mettre à profit les politiques en faveur des femmes pour se préparer à la vie active, prévoyant des formations et l’accompagnement des carrières à trois stades distincts: au niveau d’entrée, par le biais d’incitations en faveur de l’enseignement, de la formation, du recrutement et des stages — ce qui exige déjà de revoir l’infrastructure et les systèmes publics d’enseignement; à mi-carrière par le biais de l’accès aux promotions et à la formation; et au niveau des cadres dirigeants grâce au mentorat, au développement des carrières et aux programmes de parrainage.

Dans le même temps, la mentalité des parents, des enseignants, des spécialistes de l’orientation professionnelle et des recruteurs doit évoluer pour qu’il soit reconnu qu’une carrière dans les TIC constitue une véritable possibilité pour les filles. C’est important dans la mesure où les garçons continuent d’être majoritaires dans les filières d’ingénierie et de sciences (voir le tableau).

Déclaration du Forum: les médias et les TIC donnent une voix aux femmes

Les délégués au Forum de haut niveau ont fait une déclaration appelant à une plus forte participation des femmes dans les médias et les TIC dans toutes les régions, et priant instamment les dirigeants du secteur des médias, les pouvoirs publics et les organisations internationales de redoubler d’efforts pour faciliter une meilleure représentation des femmes sur les lieux de travail et sur les ondes. Rappelant que les femmes et les filles constituent 50% de la population mondiale, ils ont fait valoir que «l’égalité des droits et des chances sont à la base même d’économies et de sociétés saines».

Ils ont insisté sur la nécessité de créer un environnement inclusif pour les médias et les TIC, incitant les femmes et les jeunes filles à travailler dans ces secteurs à tous les niveaux et dans toutes les catégories professionnelles, à l’écran ou non. Ils ont également appelé de leurs vœux un plus grand accès aux plates-formes technologiques et numériques pour les femmes, ainsi qu’une image positive, non stéréotypée et équilibrée des femmes et des jeunes filles.

«Nous lançons un appel à tous ceux qui sont en position d’aider à reconnaître la vague numérique qui déferle actuellement sur la planète et de se rallier à nous pour favoriser la préparation des femmes et des filles aux possibilités et aux avantages que la société du savoir apporte aux familles du monde entier, et qui le fera plus encore à l’avenir», précise la déclaration.

Plus spécifiquement, les délégués ont appuyé — et ont appelé les parties prenantes à appuyer — les actions suivantes:

  • appliquer les lignes directrices relatives à la radiodiffusion pour tous: égalité pour les femmes;
  • élaborer un cadre assurant des formations et un accès généralisés aux moyens technologiques et numériques pour les femmes et les jeunes filles;
  • exploiter les recherches existantes pour rendre compte avec justesse des récits, visages et voix des femmes;
  • soutenir les responsables des médias qui favorisent des contenus et des images équilibrées des femmes et des filles;
  • mener des projets pilotes sur l’utilisation d’indicateurs sensibles aux questions des femmes à l’intention des médias, mis au point par l’UNESCO, pour évaluer et encourager l’égalité entre les sexes et pour donner une voix aux femmes dans les médias;
  • utiliser les médias pour promouvoir les femmes et les filles dans les TIC, par exemple en diffusant des récits de femmes ayant fait carrière dans les TIC et en appelant l’attention sur la campagne en faveur de la culture numérique pour les femmes;
  • obtenir de l’industrie qu’elle parle des femmes et des jeunes filles ayant réussi dans les TIC, à la radio et à la télévision;
  • inviter l’Union de radiodiffusion Asie-Pacifique (ABU) à aider les établissements médiatiques plus petits (dans les régions insulaires ou reculées, par exemple), permettant ainsi de donner une voix aux femmes et aux filles dans les sociétés marginalisées;
  • élaborer et diffuser des modules d’enseignement expliquant aux élèves les questions ayant trait à l’égalité entre les sexes dans les médias/TIC et le rôle que jouent les médias dans la société.

Dans la déclaration publiée par le Forum, les délégués ont rendu hommage à l’UIT, à l’ABU et au KBS, organisation hôte, ainsi qu’aux autres personnes partenaires qui ont aidé à mieux faire connaître le rôle essentiel que jouent les médias en faveur de la pleine participation des femmes à tous les aspects de la vie et de la société.

Lancement du rapport de l’UIT «Mesurer la société de l’information 2012»

A titre de manifestation conjointe avec le Forum de haut niveau, l’UIT a lancé un nouveau rapport, «Mesurer la société de l’information 2012», le 11 octobre 2012. On y trouvera l’Indice de développement des TIC, qui classe la performance de 155 pays pour ce qui est de l’infrastructure et de l’utilisation des TIC. Deux pays de la région Asie-Pacifique sont parmi les pays les plus performants: la République de Corée, en première place, et le Japon, en huitième. Le rapport présente également des données et analyses très récentes sur les recettes et les investissements dans le secteur des télécommunications/TIC et propose une nouvelle méthode de mesurer la capacité des télécommunications/TIC dans le monde.


 

Attribuer des fréquences pour un monde qui change

Conférence mondiale des radiocommunications de 2015

Dans ce numéro
No.5 Septembre | Octobre 2015

Audiences avec le Secrétaire général:

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