Nº 5 2015 > Maritime

La radio: un outil essentiel pour les navires et la marine marchande

Koji Sekimizu
Secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI)

Koji Sekimizu, Secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI)La radio: un outil essentiel pour les navires et la marine marchande
Koji Sekimizu, Secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI)

L’Organisation maritime internationale (OMI) est l’institution spécialisée des Nations Unies chargée d’assurer la sécurité et la sûreté des transports maritimes et de prévenir la pollution des mers par les navires. L’attribution du spectre et la règlementation de son utilisation pour la radiocommunication est une question de la plus haute importance pour que l’exploitation des navires soit sûre, sécurisée, efficiente et respectueuse de l’environnement.

Pour remettre les choses dans leur contexte, environ 90% des échanges commerciaux internationaux se font par voie maritime. Au total, ce sont quelque 7,5 milliards de tonnes (32 000 milliards de tonnesmilles) qui sont transportées ainsi, dont 33% sont des hydrocarbures, 27% des matériaux en vrac (minerai, charbon, grain et phosphates) et les 40% restants des marchandises diverses. L’exploitation des navires marchands génère au sein de l’économie mondiale des recettes annuelles estimées à 380 milliards USD, sous forme de taux de fret.

Navires et radiocommunications

Un navire en mer peut paraître isolé: il effectue de longues traversées et parcourt d’immenses distances entre les ports, souvent pendant des semaines. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Grâce à la radiocommunication, les navires modernes sont en réalité presque toujours «sur le réseau». L’aptitude du navire à communiquer de manière instantanée et fiable avec les stations côtières est devenue un outil de gestion clé pour un secteur dont dépend l’ensemble de l’économie mondiale.

La marine marchande utilise également le spectre radioélectrique pour la navigation, les communications de détresse et de sécurité, les communications à bord et pour que les membres de l’équipage partis en mer puissent communiquer avec leurs familles et amis à terre. En qualité d’institution spécialisée des Nations Unies chargée d’assurer la sécurité et la sûreté des transports maritimes, dans le respect de l’environnement, l’OMI porte un intérêt particulier à la tenue de la toute prochaine Conférence mondiale des radiocommunications 2015 (CMR-15).

Navires et télécommunications par satellite

Les navires ont de tout temps largement utilisé les bandes des ondes décamétriques, celles des ondes hectométriques et des ondes métriques, au moyen de la télégraphie Morse, du service radio télex et de la radiotéléphonie. Plus récemment, la communication par satellite est devenue une composante à part entière des radiocommunications maritimes. Par exemple, le Système mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM) est un système de communication intégré utilisant, entre autres, les systèmes de radiocommunication de Terre et de radiocommunication par satellite, ce qui permet de ne plus dépendre de la télégraphie Morse dans les domaines cruciaux que sont la communication de détresse et de sécurité.

Conformément au SMDSM, tous les navires transportant des passagers et tous les cargos de plus de 300 tonnes effectuant des voyages internationaux doivent s’équiper des systèmes spécifiés de radiocommunication de Terre et de radiocommunication par satellite, afin de pouvoir émettre et recevoir des alertes de détresse et des informations sur la sécurité maritime, ainsi que pour les communications d’ordre général.

Les navires se servent également de la radiocommunication aux fins de la navigation. L’utilisation des radars, à bord comme à terre, la fourniture de services de radionavigation par satellite, les aides à la navigation et le système d’identification automatique (SIA) sont cruciaux à cet égard. Plus d’un million de radars maritimes fonctionnent dans la bande 9200–9500 MHz.

Navires et communication large bande

Du point de vue opérationnel, les navires sont de plus en plus souvent gérés au moyen d’une assistance à terre. Les données correspondant aux critères essentiels, tels que l’état de la cargaison, les performances du moteur et la consommation de carburant sont régulièrement transmises du navire à la terre, tandis que l’utilisation du large bande sur les navires situés à proximité des côtes se généralise pour transmettre les documents à fournir à l’entrée et à la sortie des ports. A l’heure actuelle, quelque 12 000 navires utilisent des microstations (VSAT) pour les communications large bande. Ce service n’est assuré qu’à une distance minimale à partir des côtes de 125 km pour la bande 14–14,5 GHz et de 300 km pour la bande 5925–6425 MHz.

Tout cela s’inscrit dans un contexte de hausse continue de la demande de spectre de la part de presque tous les secteurs des radiocommunications. La marine marchande, par l’intermédiaire de l’OMI, a particulièrement intérêt à ce que la CMR-15 maintienne l’attribution actuelle du spectre aux services maritimes existants.

Dans une perspective d’avenir, deux grands projets sont actuellement examinés au sein de l’OMI et nécessiteront de modifier prochainement le Règlement des radiocommunications: l’examen du SMDSM, qui revêt une importance particulière, et la mise en œuvre de la navigation électronique. Ensemble, ces deux projets serviront à améliorer l’efficacité et la sécurité en mer.

Depuis la création de cette organisation en 1959, l’OMI et ses Etats Membres, en étroite coopération avec l’UIT et d’autres organisations internationales comme, en particulier, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’Organisation hydrographique internationale (OHI), l’Organisation internationale de télécommunications mobiles par satellite (ITSO) et les partenaires COSPAS-SARSAT, se sont efforcés d’améliorer les radiocommunications de détresse et de sécurité en mer, celles relatives à la sécurité et d’autres radiocommunications maritimes.

A la CMR-15, l’OMI continuera de fournir les renseignements nécessaires à l’examen de ces questions et d’autres sujets importants, tout en veillant à ce que le spectre attribué au domaine maritime reste suffisant et approprié.


 

Attribuer des fréquences pour un monde qui change

Conférence mondiale des radiocommunications de 2015

Dans ce numéro
No.5 Septembre | Octobre 2015

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