Nº 7 2012 > Conseils pour l’achat de TIC vertes

Conseils pour l’achat de TIC vertes

Quelle méthode employer? Quels produits acheter? A quels fournisseurs s’adresser?

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Les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont les technologies les plus utilisées au monde. Or, les services de télécommunication de base, Internet et les appareils innovants consomment de l’énergie et des matériaux, et il est nécessaire de réduire cette consommation afin de parvenir à une croissance économique durable. A cet égard, le secteur des TIC se doit d’intervenir pour promouvoir des pratiques commerciales durables et une normalisation efficace de ses processus. C’est ce qui ressort d’un nouveau rapport intitulé «Guidance on Green ICT Procurement» (Recommandations pour l’achat de TIC vertes) que publie l’UIT.

«Les entreprises du secteur des TIC ont les moyens et la légitimité nécessaires pour innover, transformer et dématérialiser l’économie», explique Aimée Torres, consultante pour l’UIT et coauteur du rapport, «mais la multiplication rapide des technologies de l’information et de la communication suscite des inquiétudes sur les conséquences de ces technologies pour l’environnement. Les biens, réseaux et services TIC exigent tous des investissements et produisent des effets spécifiques sur l’environnement. A ce titre, des décisions d’achat très diverses doivent, et peuvent, être prises dans une optique écologique».

Le rapport contient des lignes directrice destinées à aider les entreprises du secteur des TIC à mettre en place des pratiques d’achat efficaces et efficientes et à proposer des solutions écologiques à leurs clients en intégrant le respect de l’environnement dans leurs transactions commerciales. Il présente un processus d’achat par étapes détaillant les principes écologiques à appliquer lors de l’achat de biens, de produits et de services, en répondant aux questions: quelle méthode employer? Quels produits acheter? A quels fournisseurs s’adresser? 

«Ce nouveau rapport apporte une solution normalisée pour remédier à l’impact environnemental des transactions d’achat de TIC», précise Danilo Riva, de l’ETNO, l’Association européenne des exploitants de réseaux de télécommunication. «Ces conseils permettent d’adopter des pratiques d’achat efficaces et respectueuses de l’environnement qui tiennent compte du cycle de vie des biens, réseaux et services de TIC.»

Le rapport décrit également comment utiliser les méthodologies élaborées par le Secteur de la normalisation des télécommunications de l’UIT (UIT–T) afin d’évaluer l’impact environnemental des TIC sur les biens, réseaux et services et dans les organisations. Ces méthodologies ont été mises au point par la Commission d’études 5 de l’UIT–T dans le but d’aider le secteur des TIC à évaluer sa propre incidence sur l’environnement, notamment en termes d’émissions de gaz à effet de serre et de consommation énergétique des TIC dans les organisations.

La Commission d’études 5 de l’UIT–T est la Commission d’études directrice responsable de l’évaluation des effets des TIC sur l’environnement, de l’identification de leurs effets positifs et de la publication de lignes directrices relatives à une utilisation écologique de ces technologies.

La chaîne d’approvisionnement des TIC

La chaîne d’approvisionnement des TIC est l’une des chaînes d’approvisionnement les plus mondialisées, dont les fournisseurs sont disséminés dans le monde entier. Par sa nature même, ses incidences sur l’environnement sont diverses (émissions de gaz à effet de serre, cyberdéchets, etc.) et doivent être gérées convenablement. Etant donné que l’impact environnemental de la chaîne d’approvisionnement du secteur des TIC peut être directement lié aux processus et aux pratiques d’achat, le secteur tout entier est appelé à gérer ses achats de façon plus responsable.

L’approche axée sur le cycle de vie

Une approche écologique de la chaîne d’approvisionnement des TIC nécessite une analyse du cycle de vie complet du produit ou du service, au cours duquel chaque étape dépend du résultat obtenu et des méthodologies employées dans d’autres activités.

La Figure 1 illustre comment le concept d’un processus de production évolue de la chaîne d’approvisionnement vers une approche fondée sur l’analyse du cycle de vie, avec les étapes opérationnelles nécessaires pour créer un produit ou service et le commercialiser de la manière la plus efficiente et la plus écologique possible.

Une analyse détaillée du cycle de vie doit également inclure certains processus génériques nécessaires à la réalisation d’opérations telles que le transport et les déplacements, la consommation d’électricité et le recyclage des matières premières.

La Recommandation UIT–T L.1410 décrit une méthodologie permettant d’effectuer une analyse du cycle de vie des biens, réseaux et services TIC. Elle s’articule en quatre étapes: acquisition des matières premières, production, utilisation et traitement en fin de vie.

Une analyse du cycle de vie évalue les caractéristiques de production et de performance d’une unité fonctionnelle, en tenant compte de l’échelle de la fonction ou du service, de la durée de vie utile et du niveau de qualité attendu. Chaque bien, réseau et service produit demande une analyse du cycle de vie.

Certaines entreprises du secteur des TIC (essentiellement des fabricants de produits) appliquent une démarche d’analyse du cycle de vie dans leurs opérations. Alcatel-Lucent, par exemple, a mis au point un cadre simplifié pour l’analyse du cycle de vie qui fournit des informations environnementales sur les équipements et actifs des TIC.

Les méthodologies de l’UIT couvrent tous les aspects de l’analyse du cycle de vie dans les entreprises du secteur des TIC. Elles prennent également en compte les caractéristiques et les normes pertinentes publiées par d’autres entités reconnues à l’échelle internationale, telles que l’Organisation internationale de normalisation (ISO), le Centre commun de recherche de la Commission européenne, le British Standards Institute (spécifications publiquement disponibles) et l’ETSI (ingénierie de l’environnement).

Les entreprises du secteur des TIC

La Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d’activité économique, publiée par la Commission de statistique de l’ONU, classe les organisations s’occupant de TIC en fonction de leur activité économique productive. On y trouve notamment les industries de fabrication et les industries de services de télécommunications ou de logiciels.

Les industries de fabrication des TIC développent des produits pour le traitement et la communication d’informations, y compris la transmission, l’affichage et l’utilisation des données de traitement électronique afin de mesurer et de contrôler les processus physiques. Cette branche comprend principalement les développeurs et les distributeurs de technologies et infrastructures TIC (Alcatel-Lucent, Nokia, Samsung, Sony-Ericsson, IBM, Huawei, Toshiba, Apple, etc.).

Les industries de services TIC pour les télécommunications sont essentiellement des opérateurs de télécommunication exploitant des réseaux qui fournissent des services de télécommunication tels que les services de téléphonie, d’accès aux communications de données ou de radiodiffusion (Telefónica, Vodafone, AT&T, China Mobile, NBC, etc.).

Les industries de services TIC pour les logiciels et autres développent des produits destinés à permettre le traitement et la communication des informations par voie électronique. Elles s’occupent habituellement de la programmation de logiciels qui sont distribués et utilisés par les clients sur des appareils mobiles ou fixes (Google, Symantec, Apple, Microsoft, etc.).

Le processus d’achat

Les processus d’achat des organisations s’occupant de TIC peuvent être complexes, onéreux, chronophages et générateurs de déchets. Le système d’achat des organisations est l’un des nombreux points de rencontre du marché avec d’autres parties; c’est aussi l’un des plus importants en termes de dépenses. A l’instar de tous les processus de la chaîne d’approvisionnement ou du cycle de vie d’un produit, le processus d’achat peut générer des économies de coûts et des améliorations du service non négligeables qui accroissent la rentabilité et les parts de marché de l’organisation tout entière.

L’achat de biens et services dans les organisations s’occupant de TIC mobilise un grand nombre de secteurs et de pratiques où les facteurs environnementaux sont importants. Il est donc impératif que les systèmes d’achat actuels deviennent plus innovants et plus écologiques.

Le secteur des TIC, qui fait un usage intensif de la recherche et le développement, est un moteur économique qui stimule la croissance. En appliquant des pratiques commerciales durables dans leurs transactions d’achat, les entreprises du secteur des TIC peuvent réduire leur empreinte carbone, concevoir des produits et services plus écologiques et diminuer ou optimiser leur consommation énergétique. Cela peut générer des activités économiques plus durables et innovantes dans ce secteur.

Afin de connaître les incidences de leurs pratiques d’achat et les possibilités qu’elles offrent, les entreprises s’occupant de TIC sont encouragées à schématiser leurs processus d’achat. La Figure 2 présente un schéma général de processus d’achat pour une organisation type s’occupant de TIC.

Entreprises et réflexion écologique

Le cadre des achats a une incidence sur les principales parties prenantes, les procédures et les lacunes opérationnelles, le suivi de la demande des clients, les stocks et l’entreposage, les points forts et les faiblesses des processus et le potentiel de redéfinition des processus métier. Afin de gérer efficacement toutes ces composantes, il est nécessaire d’aider les responsables ou les services d’achat à améliorer leurs pratiques d’achat actuelles. Ainsi, dans son programme «Sustainable product portfolio» (Portefeuille de produits durables) pour 2010-2012, Deutsche Telekom entend définir les critères qui déterminent la durabilité des produits, intégrer la durabilité dans les principaux processus et objectifs pertinents liés aux produits, préparer ses employés aux changements qui en résulteront, mettre en place un processus d’évaluation, instaurer un indicateur fondamental de performance en matière de responsabilité sociale pour les produits durables et améliorer la communication avec ses clients.

La plupart des entreprises du secteur des TIC déclarent avoir défini des modèles d’achat cohérents, comme le montrent les exemples suivants. Les entreprises du groupe Telefónica «réalisent leurs achats selon un modèle de gestion commun, qui se caractérise par la mondialisation des achats, la professionnalisation des emplois (le groupe dispose d’acheteurs professionnels et de spécialistes du produit), la transparence du processus et l’égalité des chances pour tous les fournisseurs». La politique de Telecom Italia a pour but de «réduire la taille du parc automobile et de le moderniser au profit de véhicules qui respectent des normes environnementales plus strictes».

Nokia fournit un autre exemple. Dans un de ses rapport, l’entreprise déclare: «Notre ensemble exhaustif d’exigences à l’égard des fournisseurs de Nokia donne des indications claires sur ce que nous attendons de nos fournisseurs. Ces exigences comportent notamment un volet environnemental et social, fondé sur des normes internationales telles qu’ISO 14001, SA 8000 ou OH SAS18001, ainsi que sur les conventions PCMM, de l’OIT et des Nations Unies. Les exigences à l’égard des fournisseurs de Nokia font partie intégrante de l’accord contractuel avec nos fournisseurs; ces derniers sont donc tenus de les respecter, indépendamment de leur localisation ou de leur taille.»

Microsoft déclare avoir mis en place une suite d’outils en ligne qui assure un processus d’achat électronique transparent. «Par exemple, MS Market automatise l’initiation de projets et la création des bons de commande. Les fournisseurs ne sont donc plus obligés d’attendre des formulaires papier pour passer d’un employé à l’autre. MS Invoice permet aux fournisseurs d’envoyer leurs factures et leurs notes de crédit en ligne, tandis que MS Inquire leur permet de suivre l’avancement des paiements. Les paiements sont directement versés sur le compte bancaire du fournisseur; les fonds sont sécurisés et transmis sous 24 à 48 heures.»

Pour gérer des pratiques d’achat efficaces et durables, les entreprises du secteur des TIC doivent intégrer une réflexion écologique à chaque étape de leurs processus d’achat.


 

 

Attribuer des fréquences pour un monde qui change

Conférence mondiale des radiocommunications de 2015

Dans ce numéro
No.5 Septembre | Octobre 2015

Audiences avec le Secrétaire général:

Visites officielles

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