Nº 2 2013 > En couverture

Le nombre d’abonnements au mobile frôle les sept milliards
Un téléphone pour chacun ou presque?

Le nombre d’abonnements au mobile frôle les sept milliardsUn téléphone pour chacun ou presque?Le nombre d’abonnements au mobile frôle les sept milliardsUn téléphone pour chacun ou presque?

D’après les estimations de l’UIT, on recensera dans le monde autant d’abonnements au cellulaire mobile que d’habitants sur la planète d’ici à la fin 2013. C’est ce qu’indique l’Union dans sa publication du 27 février intitulée «Le monde en 2013: Données et chiffres concernant les TIC». On y apprend également que le large bande mobile est actuellement le secteur le plus dynamique du marché.

Nombre d’abonnements et nombre d’abonnés: quelle différence?

La publication «Le monde en 2013: Données et chiffres concernant les TIC» confirme qu’il existe une demande soutenue de services liés aux technologies de l’information et de la communication. L’UIT estime que d’ici à la fin 2013, on comptera environ 6,8 milliards d’abonnements au cellulaire mobile à l’échelle planétaire, et en 2014 ce chiffre devrait frôler les sept milliards. Plus de la moitié de ces abonnements sont souscrits dans la région Asie-Pacifique.

Pour Brahima Sanou, Directeur du Bureau de développement des télécommunications de l’UIT, «Avec un taux de pénétration en passe d’atteindre les 100%, cette technologie est une plate-forme idéale pour la fourniture de services dans les pays en développement. Notre nouvelle initiative Le mobile au service du développement a pour objet d’exploiter ce potentiel sur tous les marchés du monde, en particulier dans les zones rurales et isolées».

Au vu de ce nombre impressionnant d’abonnements au cellulaire mobile — 6,8 milliards — le taux de pénétration du mobile dans le monde devrait être de 96% d’ici à la fin 2013. Mais cela signifie-t-il pour autant que chaque individu sur terre possède un téléphone? La réponse est non. En effet, dans son rapport intitulé «The Mobile Economy» publié en février 2013, l’Association GSM estime par exemple que le nombre actuel d’abonnés individuels au téléphone mobile (défini comme les utilisateurs uniques abonnés aux services mobiles) atteindra 3,4 milliards au cours de cette année. Il convient de fournir quelques précisions sur ces chiffres.

Plusieurs facteurs expliquent cet écart considérable entre le nombre d’abonnements et le nombre d’abonnés. Néanmoins, la plupart des analystes s’accordent à dire que le principal tient aux différents abonnements que possède un même abonné. Ces consommateurs individuels sont alors comptabilisés deux fois lorsqu’ils ont souscrit plusieurs services. Ils peuvent par exemple posséder deux abonnements distincts, l’un à usage professionnel et l’autre à usage personnel.

Comme l’explique Susan Teltscher, chef de la Division des données et statistiques sur les TIC au Bureau de développement des télécommunications de l’UIT, «Une même personne peut posséder plusieurs cartes SIM (module d’identification de l’abonné). De nombreux usagers des téléphones mobiles utilisent quotidiennement plusieurs cartes SIM. Souscrire plusieurs abonnements — par exemple avec un appareil à usage professionnel et un autre à usage personnel — n’est pas inhabituel».

Mme Teltscher remarque également que «Dans de nombreux pays en développement, où les abonnements prépayés sont majoritaires, les personnes achètent fréquemment plusieurs cartes SIM afin d’éviter de payer les frais d’interconnexion élevés qui s’appliquent en cas d’appel sur un autre réseau. Dans les pays où la part des abonnements prépayés est très faible et où les personnes possèdent rarement plusieurs cartes SIM (par exemple, en République de Corée et au Japon), les taux de pénétration du cellulaire mobile sont bien plus faibles, la double comptabilisation étant plus rare».

A l’inverse, en particulier dans les pays en développement, un même abonnement est souvent partagé entre plusieurs personnes, par exemple par l’intermédiaire d’un téléphone «familial» ou de village. C’est pourquoi le nombre réel d’usagers du téléphone mobile est différent du nombre d’abonnements ou d’abonnés uniques.

L’une des autres raisons tient au fait que parfois, les opérateurs ne suppriment pas tout de suite les comptes inactifs de leurs bases de données, ce qui multiplie le nombre de cartes SIM inactives comptabilisées dans leurs statistiques finales. D’après la définition de l’UIT, les comptes inactifs depuis au moins trois mois ne devraient pas être comptabilisés.

L’UIT s’intéresse aux statistiques recueillies sur les usagers du téléphone mobile par le biais d’enquêtes nationales auprès des ménages. Les chiffres disponibles révèlent d’importantes différences entre le nombre d’abonnements au mobile et le nombre réel d’usagers du téléphone mobile dans certains pays. Néanmoins, ces différences varient d’un pays à l’autre — même à l’intérieur de l’Europe. Ces données sont toutefois assez vagues car les enquêtes auprès des ménages sont onéreuses et recensent un grand nombre d’indicateurs parmi lesquels l’utilisation du téléphone mobile ne figure pas nécessairement. L’UIT collabore étroitement avec les offices nationaux de la statistique en vue d’améliorer la disponibilité et la qualité des données sur l’utilisation des téléphones mobiles et d’autres technologies de l’information et de la communication.

Estimation des taux de pénétration du cellulaire mobile pour 2013

Le taux de pénétration des abonnements au cellulaire mobile dépasse 100% dans quatre des six régions du monde telles que définies par l’UIT: en tête, la Communauté des Etats indépendants (CEI) avec 170%, suivie de la région Europe (126%), Amériques (109%) et Etats arabes (105%). La région Asie-Pacifique affiche un taux de 89% et l’Afrique, de 63%.

Les taux de pénétration du cellulaire mobile sont de 128% dans les pays développés et de 89% dans les pays en développement.

Abonnements au large bande mobile

Entre 2007 et 2013, le nombre d’abonnements activés au large bande mobile a progressé, passant de 268 millions à un chiffre estimé à 2,1 milliards en 2013. Tandis que dans les pays développés, la population utilise les réseaux large bande mobile en plus du large bande fixe, le large bande mobile est souvent le seul moyen d’accéder à l’Internet pour de nombreux habitants des pays en développement. Le nombre d’abonnements au large bande mobile a plus que doublé dans ces pays entre 2011 et 2013, passant respectivement de 472 millions à un chiffre estimé à 1,16 milliard, dépassant ainsi celui des pays développés.

Au cours des trois dernières années, l’Afrique a enregistré le taux de croissance le plus élevé de toutes les régions, avec un taux de pénétration du large bande mobile passant de 2% en 2010 à un chiffre estimé à 11% en 2013.
Les chiffres du nombre d’abonnements activés au large bande mobile méritent également quelques précisions.

D’après la définition de l’UIT, ils correspondent aux abonnements au cellulaire mobile dont le débit de données annoncé est d’au moins 256 kbit/s (débit à partir duquel un service peut être qualifié de large bande) et qui sont utilisés pour se connecter à l’Internet; ils comprennent également les abonnements aux services de données dédiés via un réseau mobile, souscrits séparément des services vocaux, soit en tant que service autonome — par exemple, lorsque l’on utilise une carte de données de type modem ou clé USB — soit comme une option complémentaire des services vocaux nécessitant un abonnement distinct.

Tout comme pour le chiffre des abonnements au cellulaire mobile, celui des abonnements au large bande mobile ne correspond pas au nombre de personnes utilisant une connexion large bande mobile pour accéder à l’Internet. Ces personnes peuvent accéder aux services large bande mobile via différents appareils tels qu’un téléphone, un ordinateur portable ou une tablette. Une personne peut s’abonner à plusieurs de ces services, tandis qu’une autre choisira de partager son abonnement avec sa famille ou ses amis.

Perspective de croissance élevée pour le secteur de la téléphonie mobile

Tandis que l’accès à la téléphonie mobile s’est certainement généralisé, avec plus de 90% de la population mondiale couverte par un signal cellulaire mobile et une couverture 3G+ se développant très rapidement, les chiffres doivent être analysés avec prudence. L’UIT collabore activement avec les organismes chargés de fournir des statistiques par pays afin d’assurer la comparabilité des données mondiales et d’améliorer la qualité et la disponibilité des indicateurs qui permettent de se faire une meilleure idée de l’utilisation du téléphone mobile et du large bande.

Notant que «presque la moitié de la population mondiale utilise désormais les communications mobiles», le rapport «The Mobile Economy» indique qu’«il existe encore de nombreux adultes et jeunes qui souhaiteraient profiter des avantages sociaux et économiques des technologies mobiles, mais qu’ils n’y ont pas accès. Cela préfigure des perspectives de croissance importantes et constitue un véritable enjeu pour l’ensemble des acteurs de l’écosystème du secteur. En effet, ces derniers devront élargir leur éventail de produits et de services pour répondre à cette demande».

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page www.itu.int/ITU-D/ict/definitions/)


 

Attribuer des fréquences pour un monde qui change

Conférence mondiale des radiocommunications de 2015

Dans ce numéro
No.5 Septembre | Octobre 2015

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